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Xavier Queipo participou na Universidade de Brest coa tradución ao francés de «Contornos»

O escritor Xavier Queipo, gañador do Premio Xerais de Novela 2011 con Extramunde, participou o pasado 12 de decembro nun acto de debate na Facultade Victor Segalen, de Brest, en Bretaña, que se celebrou baixo título de «Chroniques animalières: science littéraire ou littérature scientifique?», con ocasión da aparición das Chroniques animalières (Contornos) de Queipo nas éditions Les Hauts-Fonds. Agora reproducimos aquí a convocatoria do acto que se publicou no blog da Universidade de Brest.

 

XAVIER QUEIPO A L’UFR LETTRES : SCIENTIFIQUES BIENVENUS !

L’heure est à l’interdisciplinarité, mais les étudiants n’entretiennent encore que peu de relations d’une UFR à une autre : les étudiants en médecine et en sciences dites « dures »  n’osent pas prendre la littérature au sérieux, faute d’écrivains de talent parlant des matières qu’ils étudient et les étudiants en lettres n’arrivent pas à s’intéresser à la science, la littérature scientifique leur paraissant rébarbative faute de scientifiques ayant du talent pour l’écriture. Les réserves que certains chercheurs émettent sur la notion même d’interdisciplinarité n’arrangent évidemment rien.

Pourtant, l’écrivain galicien (bruxellois d’adoption) Xavier Queipo, que la faculté de lettres accueille en ce lundi 12 décembre ( 13 h 30 – Forum Segalen), pourrait réconcilier littéraires et scientifiques en offrant aux uns ce qui leur manque pour s’intéresser au travail des autres grâce à son livre Chroniques animalières, publié cette année par la maison d’édition brestoise Les Hauts-Fonds et présenté par Maria-Fatima Rodriguez, qui co-organise la conférence de Xavier Queipo, comme « une série de « micro-essais » à la manière des naturalistes du XIXe ». L’auteur revendique en effet, dans la « justification nécessaire » ouvrant le livre, une « formation pluridisciplinaire » et la note biographique incluse dans l’ouvrage précise que l’auteur « a étudié la biologie et la médecine et mène une riche activité d’écrivain ». L’interdisciplinarité n’est donc pas un vain mot pour lui, elle est même un des aspects incontournables de sa vie et de son œuvre, justifiant du même coup le titre qui a été donné à son intervention, « Chroniques animalières : science littéraire ou littérature scientifique ? » Il est d’ailleurs à noter que madame Rodriguez a éprouvé quelques difficultés à trouver un titre ne mettant pas excessivement l’accent sur les sciences afin de ne pas décourager les purs littéraires…

Maria-Fatima Rodriguez précise également que l’intérêt de Chroniques animalières ne s’arrête évidemment pas à son caractère interdisciplinaire : le livre est aussi, d’après elle, « plein d’humour et d’ironie sur les comportements humains et les idées reçues. » De fait, l’enseignement des sciences naturelles à l’école a souvent idéalisé la nature à des fins moralisatrices, un des exemples les plus célèbres et les plus anciens (on le retrouve dans les Géorgiques de Virgile qui datent du Ier siècle avant notre ère !) étant celui de la présentation des abeilles que Queipo résume ainsi : « On nous parlait des ouvrières en des termes louangeurs d’application au travail et même d’altruisme, puisqu’elle sacrifiaient leur individualité à l’obtention du bien commun pour la ruche. » Prenant le contre-pied de cette vision idyllique, l’auteur dépeint la vie de ces insectes comme « pathétique et aliénante dans toutes ses castes et circonstances » ; pour ne citer qu’un exemple, les ouvrières « sont une caste sanguinaire qui n’hésite pas un instant à assassiner la reine à partir du moment où ses facultés reproductrices diminuent ». Bien entendu, décrire les abeilles ouvrières comme « sanguinaires » en se basant sur un comportement instinctif relève autant de l’anthropomorphisme que les présenter comme altruistes (Queipo est le premier à s’en excuser), mais en appliquant l’anthropomorphisme à l’ensemble de leurs agissements, l’écrivain-biologiste-médecin dénonce la partialité qu’il décèle dans les représentations idéalisées dont les abeilles font l’objet : la solidité de ses connaissances scientifiques se manifeste donc en même temps que sa maîtrise des procédés littéraires. Nous parlions d’interdisciplinarité, non ?

Benoît Quinquis

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